Ce samedi 29 novembre 2025, Jacques Chirac aurait fêté ses 93 ans. L'ancien président de la République, cinquième président de la Ve République de 1995 à 2007, s'est éteint le 26 septembre 2019 à l'âge de 86 ans. Depuis, sa veuve Bernadette Chirac, aujourd'hui âgée de 92 ans, et sa fille Claude Chirac ont hérité non seulement de son héritage politique et mémoriel, mais aussi de son patrimoine immobilier. Parmi les biens les plus chargés de souvenirs figure le château de Bity, situé à Sarran, en Corrèze. Cette demeure du XVIIe siècle, classée Monument historique, avait été achetée en 1969 par Jacques et Bernadette Chirac. Mais que devient-elle réellement ?
Une propriété emblématique de l'ancrage corrézien de Jacques Chirac
Jacques Chirac entretenait un lien profond avec la Corrèze, bien que né à Paris. Enfant, il passait ses vacances de Pâques et d'été à Sainte-Féréole, dans la maison rurale de ses grands-parents maternels. Cette maison, valorisée à environ 60 000 euros, est restée dans la famille et a été louée au même locataire depuis des années. C'est cet ancrage familial qui a poussé Jacques Chirac, surnommé « le Corrézien », à acheter avec son épouse une propriété d'exception en 1969.
Le château de Bity est une somptueuse demeure du XVIIe siècle, entourée d'un terrain de neuf hectares et de jardins à la française. Il se trouve en bordure de Sarran, le village où Jacques Chirac a d'ailleurs fait construire le musée du Président Jacques Chirac, inauguré en 2000. Ce château chargé d'histoire a servi de refuge à des résistants durant la Seconde Guerre mondiale avant d'être utilisé comme hôpital militaire. Pour le couple Chirac, il représentait surtout un havre de paix, loin de l'agitation parisienne, un lieu de vacances et de réunions familiales avec leurs deux filles, Claude et Laurence.
Des rumeurs d'abandon persistantes
Depuis plusieurs années, des rumeurs circulent sur l'état du château de Bity. En 2011, une enquête de France Soir, reprise par de nombreux médias, affirmait que la demeure était « laissée à l'abandon » en raison de frais d'entretien jugés trop élevés. Selon ces articles, les jardins à la française seraient envahis par les mauvaises herbes, les barrières seraient délabrées et la bâtisse ne serait plus entretenue. Cette image contrastait fortement avec les fastes d'antan, lorsque le château accueillait des personnalités politiques comme François Hollande, un habitué des lieux.
Mais cette version est aujourd'hui vigoureusement contestée par les habitants de la région. Un habitant de Corrèze, travaillant dans le secteur immobilier et interrogé par nos soins, affirme : « Le château est encore habité et, quand on passe devant, les barrières ne sont pas du tout cassées ou abîmées, ça c'est sûr. Et il y a un an, la fille de Jacques Chirac est même venue au château... » Un autre témoignage, celui du gérant du restaurant Le Pêcheur de Lune, situé juste à côté du château, va dans le même sens. Jacques Chirac avait ses habitudes dans cet établissement, qu'il considérait comme « sa cantine » lors de ses séjours estivaux. Le restaurateur, qui cuisine toujours pour la famille Chirac, assure sans hésiter : « Le château n'est pas du tout à l'abandon, il est entretenu et il y a des gens qui y viennent. Une femme de ménage s'y rend toutes les semaines pour faire le ménage. Et la fille, Claude Chirac, vient régulièrement au château avec son mari. »
Claude Chirac, gardienne du patrimoine familial
Claude Chirac, âgée de 62 ans, a toujours été très proche de ses parents. Après la mort de son père en 2019 et de sa sœur Laurence en 2016, elle est devenue la principale héritière de la mémoire familiale. Elle a d'ailleurs célébré son premier mariage avec le politologue Philippe Habert au château de Bity en 1992, un souvenir précieux. Aujourd'hui engagée en politique, elle a été élue à Brive et se rend régulièrement en Corrèze. Le restaurateur du Pêcheur de Lune, qui la voit souvent, témoigne : « Jacques Chirac venait manger chez moi, c'était sa cantine quand il passait l'été ici. Sa fille vit à Paris mais, maintenant qu'elle est élue à Brive, elle passe de temps en temps et je la vois assez régulièrement. »
Ces témoignages contredisent donc les rumeurs d'abandon. Le château de Bity serait toujours entretenu, habité et régulièrement fréquenté par la famille. Une femme de ménage y viendrait chaque semaine, et les barrières ainsi que les extérieurs seraient en bon état. La propriété ne serait pas laissée à l'abandon, mais simplement utilisée avec discrétion, loin des projecteurs.
Bernadette Chirac et ses dernières volontés
Bernadette Chirac, désormais âgée de 92 ans, est devenue une figure nostalgique de la vie politique française. Selon France Dimanche, l'ancienne Première Dame aimerait retrouver une dernière fois sa propriété de Corrèze avant de s'éteindre. Elle aurait particulièrement savouré les moments passés au château de Bity, ses fêtes, ses réunions familiales et ses étés paisibles dans les jardins à la française. La santé de Bernadette Chirac est fragile depuis plusieurs années, et elle vit entourée des soins de sa fille Claude.
Claude Chirac, qui réside à Paris, se déplace fréquemment en Corrèze, que ce soit pour des raisons personnelles ou politiques. Elle est souvent accompagnée de son mari, Frédéric Salat-Baroux, ancien secrétaire général de l'Élysée, et de son fils, Martin Rey-Chirac. Ces visites régulières au château de Bity renforcent l'idée que la propriété est loin d'être délaissée. Bien au contraire, elle reste un lieu de vie et de mémoire pour la famille.
Un avenir incertain mais chargé d'histoire
Le château de Bity, estimé à environ 500 000 euros en 2007, pourrait bien devenir la propriété exclusive de Claude Chirac au décès de sa mère. C'est en tout cas ce que laissent entendre les dernières volontés de Bernadette Chirac, qui souhaiterait que sa fille hérite de ce bien chargé de souvenirs. Claude Chirac, qui a passé une partie de son enfance et de sa jeunesse dans cette demeure, serait la gardienne naturelle de ce patrimoine familial.
Au-delà de sa valeur marchande, le château de Bity représente un pan important de l'histoire politique française. Il a vu défiler des amis, des personnalités et des hommes d'État, de François Hollande à d'autres figures de la vie publique. Il a également été un témoin privilégié de la vie privée de Jacques Chirac, loin des caméras. Sa conservation est donc un enjeu mémoriel pour la famille et pour la région.
Les témoignages locaux contredisent les médias
La différence entre les informations parues dans la presse et la réalité constatée par les voisins est frappante. Là où certains médias décrivaient un château « laissé à l'abandon », les habitants de Sarran décrivent une propriété bien entretenue, avec des barrières intactes et des allées propres. Le restaurateur du village, qui continue de servir la famille Chirac, est formel : le château est habité et entretenu. La présence régulière de Claude Chirac, qui vient en tant qu'élue de Brive, est un signe supplémentaire de l'attachement des descendants à ce lieu.
Il est vrai que le château de Bity n'est pas ouvert au public et que les grilles restent fermées la plupart du temps. Cette discrétion peut donner l'impression d'un lieu délaissé, mais il n'en est rien. La famille Chirac a toujours tenu à préserver son intimité, et cette demeure reste un refuge privé. Les travaux d'entretien, s'ils ne sont pas visibles depuis la route, sont régulièrement effectués, selon les témoignages locaux.
Un patrimoine à préserver
Le château de Bity, classé Monument historique, fait partie du patrimoine architectural de la Corrèze. Sa restauration initiale avait été entièrement prise en charge par Jacques et Bernadette Chirac, qui avaient souhaité redonner à la bâtisse son éclat d'antan. Malgré les coûts élevés d'entretien d'une telle demeure, la famille semble décidée à la conserver et à la faire vivre.
La question de son avenir reste posée, notamment si Claude Chirac en devient l'unique propriétaire. Les charges liées à ce type de bien sont considérables, mais la valeur sentimentale et historique est inestimable. Le château de Bity restera quoi qu'il arrive associé à la mémoire de Jacques Chirac et à son amour pour la Corrèze, cette terre de ses ancêtres qui l'a vu passer de nombreux étés.
Les habitants de Sarran, eux, ne s'inquiètent pas : le château est là, solide, dans son écrin de verdure. Les grilles sont toujours en place, les jardins sont entretenus, et les chiens de la famille ont été vus dans la cour. Claude Chirac, entourée de sa famille, continue de venir régulièrement, perpétuant ainsi les traditions d'hospitalité qui ont toujours marqué les séjours des Chirac en Corrèze.
En cette fin d'année 2025, alors que l'on commémore les 93 ans qu'aurait eus l'ancien président, le château de Bity demeure un symbole de la fidélité de Jacques Chirac à ses racines. Les rumeurs d'abandon n'auront eu qu'un temps : la bâtisse est toujours debout, habitée, et veillée par ceux qui l'aiment.
Source:MSN News
